Encres végétales : un argument écologique ou un vrai changement ? Les encres à base d’huiles végétales (colza, lin, soja) remplacent les huiles minérales dérivées du pétrole dans la formulation des encres d’impression. Elles réduisent les émissions de COV (composés organiques volatils) de 60 à 80 % par rapport aux encres minérales, sans dégrader la qualité d’impression ni le prix. Ce guide explique ce qu’elles changent concrètement, dans quels cas les demander, et pourquoi Docside les utilise en standard sur la majorité des supports.
Encres végétales : de quoi parle-t-on vraiment
Une encre d’impression est composée de 4 ingrédients : pigments (couleur), liant (le véhicule qui fixe le pigment), solvants (qui permettent l’application) et additifs (séchage, brillance, adhérence). Dans une encre classique, le liant et les solvants sont dérivés du pétrole — principalement des huiles minérales et des hydrocarbures aromatiques.
Une encre végétale remplace ces dérivés pétroliers par des huiles végétales : colza, lin, soja, tournesol, sont les plus courantes en Europe. Les pigments eux-mêmes ne changent pas (inorganiques ou organiques selon la couleur). C’est le véhicule qui est remplacé.
Attention aux abus de langage : une encre entièrement végétale (100 %) est rare. La plupart des encres dites « végétales » contiennent 30 à 80 % d’huiles végétales, le reste étant des additifs et parfois une petite quantité d’huile minérale. La norme de référence est NF EN 16524 (empreinte carbone produit imprimé) qui distingue plusieurs niveaux de teneur biosourcée.
Avantages environnementaux : ce qui change réellement
1. Moins de COV émis lors de l’impression
Les composés organiques volatils (COV) sont des gaz émis par les solvants. Ils contribuent à la pollution atmosphérique, à l’effet de serre, et à certains troubles respiratoires pour les imprimeurs. Les encres végétales émettent 60 à 80 % de COV en moins que les encres minérales. Pour les salariés d’atelier, la différence est directement mesurable en air ambiant.
2. Empreinte carbone plus faible
Les huiles végétales captent du CO2 pendant la croissance de la plante. Même si les chiffres varient selon la culture d’origine et les transports, les bilans carbone d’encres végétales sont 20 à 40 % inférieurs à ceux d’encres minérales équivalentes. Pour un projet qui pèse le carbone (rapport RSE, empreinte produit), c’est un gain documentable.
3. Papier plus facile à désencrer
Au moment du recyclage, le papier doit être désencré avant d’être pulpé. Les encres végétales se détachent plus facilement des fibres que les encres minérales, ce qui améliore la qualité de la pâte recyclée obtenue. C’est un argument technique souvent ignoré mais réel dans la filière papetière.
4. Biodégradabilité partielle
Une encre végétale classique n’est pas « biodégradable » au sens réglementaire strict (norme NF EN 13432) mais ses composants organiques se dégradent beaucoup plus vite que ceux des encres minérales en cas de fuite accidentelle. C’est un plus pour un imprimeur certifié Imprim’Vert (voir notre guide Imprim’Vert).
Qualité d’impression : y a-t-il une différence visible ?
C’est la question la plus fréquente. La réponse courte : non, aucune différence visible à l’œil pour un tirage standard.
Dans le détail :
- Couleurs : les pigments sont identiques, le rendu chromatique est le même. Le nuancier Pantone se comporte identiquement.
- Brillance : les encres végétales sont naturellement un peu plus mates. Sur un papier couché brillant, la différence est imperceptible après vernis. Sur un papier non couché, rendu légèrement plus mat mais non dégradé.
- Séchage : légèrement plus long que les encres minérales (les huiles végétales pénètrent plus lentement). Les imprimeurs modernes compensent par des sprays poudreurs ou des UV.
- Tenue dans le temps : identique. Aucune dégradation prématurée des couleurs n’a été constatée en tests comparatifs sur papiers grand public.
Sur un flyer, une carte de visite, une brochure ou une affiche, vous ne verrez pas la différence. Seul un œil extrêmement entraîné sur papier non couché pourrait détecter une très légère variation de rendu mat.
Les encres végétales coûtent-elles plus cher ?
Il y a 10 ans, oui. Aujourd’hui, l’écart est nul ou négligeable pour la majorité des presses offset modernes. Les raisons :
- La production d’encres végétales s’est massifiée (demande RSE en hausse constante).
- Les huiles végétales sont moins volatiles que les huiles minérales, l’imprimeur en consomme moins par tirage.
- Les coûts de traitement des déchets baissent (moins de COV à filtrer, pas de classement CMR).
Un imprimeur qui vous facture un surcoût significatif pour des encres végétales applique soit un surtarif marketing, soit utilise une gamme artisanale premium très ciblée (type impression d’art). Chez Docside, les encres végétales sont utilisées en standard sur la majorité des supports offset sans surcoût.
Limites et vigilance : ce qu’elles ne résolvent pas
Les encres végétales sont une brique, pas une solution complète. Points de vigilance :
- L’origine de l’huile : une encre « végétale » à base de soja non certifié peut impliquer de la déforestation. Préférer des huiles européennes (colza, lin) ou des huiles certifiées.
- Les additifs : certains additifs (séchants, agents anti-mousse) restent d’origine pétrolière. Une encre 100 % biosourcée est rare.
- Les encres numériques : pour une impression numérique (toner ou latex), le « végétal » n’a pas le même sens. Les toners laser sont secs ; les encres latex sont à base d’eau. Chacun a ses propres caractéristiques environnementales — voir notre comparatif offset vs numérique.
- Le vernis et le pelliculage : si vous ajoutez un pelliculage plastique ou un vernis UV à votre impression, l’impact environnemental de ce finish domine souvent celui de l’encre. Préférer pelliculage compostable ou vernis aqueux pour une cohérence éco.
Comment demander des encres végétales sur votre devis
Pour une impression Docside ou chez tout imprimeur :
- Mentionner « encres végétales » dans votre brief ou devis. Certains imprimeurs les utilisent par défaut (Docside), d’autres sur demande.
- Demander une mention explicite sur votre devis (« encres végétales, teneur biosourcée XX % »). Utile pour votre rapport RSE.
- Combiner avec d’autres critères : papier FSC/PEFC recyclé, pelliculage biodégradable, livraison cycliste Paris intra-muros. L’impact cumulé est supérieur à celui de chaque brique prise isolément.
- Vérifier la certification de votre imprimeur : un imprimeur Imprim’Vert utilise généralement des encres végétales ou faiblement solvantées. Un imprimeur non certifié peut utiliser des encres minérales classiques.
Docside et les encres végétales
Chez Docside, imprimerie certifiée Imprim’Vert depuis 2010 :
- Encres végétales utilisées en standard sur la majorité des tirages offset (teneur biosourcée 50-80 % selon la gamme)
- Solvants de nettoyage à base de colza (remplace les solvants pétroliers traditionnels)
- Zéro encre CMR (conformité Imprim’Vert contrôlée annuellement)
- Papiers FSC/PEFC proposés en premier choix, papiers recyclés disponibles sur demande
Pour un projet où la dimension environnementale est stratégique (rapport RSE, campagne éco-responsable, événement vert), nous pouvons documenter la teneur biosourcée exacte de vos tirages et fournir les certificats correspondants.
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Sources : Association Française des Industries Graphiques (AFIG), règlement REACH (Commission européenne), études ADEME sur l’empreinte carbone des encres d’impression. Article Docside avril 2026.
Questions fréquentes
Les encres végétales sont-elles de bonne qualité ?
Oui. Les pigments utilisés sont identiques aux encres minérales, seul le liant change (huile végétale au lieu d'huile minérale). Le rendu chromatique est le même, la tenue dans le temps aussi. Sur un papier couché, la différence est imperceptible. Sur un papier non couché, rendu très légèrement plus mat mais non dégradé.
Les encres végétales coûtent-elles plus cher ?
Non, l'écart est aujourd'hui nul ou négligeable pour la majorité des presses offset modernes. La production s'est massifiée, les huiles végétales sont moins volatiles donc moins consommées, et les coûts de traitement des déchets sont plus faibles. Un imprimeur qui facture un surcoût significatif applique probablement un surtarif marketing.
Quelle est la différence entre encres végétales et minérales ?
Les encres minérales utilisent des huiles dérivées du pétrole comme liant. Les encres végétales remplacent ces huiles par des huiles de colza, lin, soja ou tournesol. Conséquence : 60 à 80 % de COV (composés organiques volatils) émis en moins pendant l'impression, empreinte carbone inférieure de 20 à 40 %, désencrage plus facile lors du recyclage.